Je précise tout de suite, rien de grave !

En fait, je vais peut-être même (je l’espère) me réconcilier avec une partie de la médecine.

Je me suis fait opérer du nez il y a pile une semaine.

Voici ma tête de retour dans ma chambre d’hôpital peu de temps après l’opération. Un peu look Frankenstein…

Je me suis fait opérer pour retrouver ce qui ressemblait à mon « nez d’avant » et aussi réparer les erreurs qui ont été faites au cours de 3 opérations successives il y a environ 20 ans.

Mes galères à chaque opération du nez

Tout a commencé le 29 janvier 1998, quelques jours après avoir fêté mes 16 ans. Je me suis cassé le nez lors d’une séance de football en cours d’EPS (Éducation Physique et Sportive).

J’étais alors élève en 1ère S (scientifique) au Lycée Jacques Callot de Vandoeuvre-lès-Nancy, dans l’est de la France.

À l’époque, je pensais que la médecine était toute puissante et je me voyais même aller en fac de médecine après le bac.

Remarque : j’ai finalement fait maths-sup et plein de choses ensuite, tu peux voir ça ici.

Lors de ce match de foot (je précise que le foot était loin d’être mon sport préféré !), à un moment, je veux récupérer le ballon en faisant une tête, mais ma tête se fait contre la tempe d’un membre de l’équipe adverse, un certain Johan (actuellement chanteur au Québec d’après ce que j’ai découvert en faisant mes petites recherches sur internet !).

Je m’écroule au sol et je pense avoir perdu connaissance pendant moins d’une seconde. J’ai nettement entendu un « crac », et je saigne du nez. Je suis super énervé par ce qui vient de se passer (l’accident « bête ») et j’en pleure. Par contre, je n’ai pas vraiment mal. Il se trouve que le nez n’est pas une zone super sensible en fait.

Mon père vient me chercher au lycée et m’amène au CHU pour faire une radio. Le radiologue veut alors me rassurer et me dit qu’il pense que c’est pas cassé. Ça m’énerve encore plus parce que j’ai l’impression qu’il me prend pour un con.

Résultat de la radio : double fracture du nez !

Une fois le traumatisme passé et la diminution de l’oedème après quelques jours, la bosse qui est apparue dans mon champ de vision, de chaque côté du nez, est toujours là et ne disparaît pas. En fait, j’ai changé de profil après de match de foot, ça me fait bizarre.

On nous propose de prendre rendez-vous avec un chirurgien, que je vois quelques semaines plus tard. Il me dit qu’on peut laisser tel quel, que ça se voit pas trop.

Évidemment, moi, je ne vois que ça ! Un nez qui n’est pas le mien…

Il dit sinon, qu’il peut faire une petite opération, qui devrait durer que 5-10 minutes et qui va effacer la bosse.

Rendez-vous est donc pris pour l’opération à la fin de l’été, 1 semaine avant ma rentrée en terminale S.

Résultat au bout de quelques semaines ou mois : très bof.

En fait, il a déplacé la bosse. Ça ressemble pas à grand-chose. Il le reconnaît volontiers et dit qu’il comprend si je décide de me faire réopérer par un autre chirurgien pour réparer ce qu’il n’a pas réussi à faire !

Rendez-vous est pris cette fois pour le 22 juin 1999, quelques jours après la fin de ma vie de lycéen et de jeune bachelier.

Le nouveau chirurgien m’a rassuré. Il semble plus expérimenté. Il m’a dit que cette fois, il mettra un plâtre pour que le nez garde bien la forme qu’on veut (la forme de mon nez d’avant la fracture, que je veux récupérer). Selon ses mots, il s’agit juste d’un petit coup de râpe, d’une opération qui dure à peine 15 minutes.

Passé l’opération, au réveil, j’ai effectivement ce plâtre. Je reste cloîtré quelques jours à la maison, mais je récupère vite et je peux passer des vacances normales avant d’attaquer la rentrée en prépa sans problème.

Malheureusement, encore une fois, le résultat n’est pas à la hauteur de mes espérances. Il y a toujours une bosse anormale, qui se développe après l’opération. Le chirurgien me parle de « cal osseux » qui se crée quand l’os cicatrise. Que c’est rare mais que ça arrive.

Du coup, après quelques mois, on se met d’accord pour qu’il fasse une rectification sur ce cal osseux. Cette fois, juste un petit « coup de râpe de rien du tout », 5 minutes d’opération, pas besoin de plâtre.

On fixe cette 3ème opération à avril 2000, pendant les vacances de Pâques.

Au réveil après l’opération, je suis étonné de découvrir qu’il m’a mis un plâtre (ce n’était pas prévu). Le chirurgien m’explique qu’en fait l’opération a pris plus de temps que prévu, que ça a duré 45 minutes. Que c’était plus compliqué que ce qu’il pensait, etc.

Après quelques mois, le résultat est encore une fois décevant. Il y une nouvelle bosse qui n’a rien à voir avec mon nez d’avant ma fracture ! Encore une histoire de cal osseux.

En plus de ça, je sens des sensations bizarres dans mon nez. Le bout bouge bizarrement. La cloison nasale au bas de mon nez est tordue, l’arrête du bas de mon nez à l’intérieur d’une narine est piquante. Bref, j’ai été mutilé et je ne m’en aperçois pas encore.

Dégoûté d’avoir fait 3 opérations et de finalement me retrouver avec zéro amélioration, voire même sans doute un « empirement » de l’apparence de mon nez et de mes sensations, j’ai décidé, du haut de mes 18 ans d’arrêter avec ces opérations inutiles et de laisser tomber, d’accepter mon nez fracturé 1 fois au foot, puis 3 fois sur le billard ! Je le dis au chirurgien, qui lui était tout à fait partant pour faire une 4ème opération. Tant qu’on y est, pourquoi pas continuer !

Aujourd’hui, si je l’avais écouté, j’y serais peut-être encore…

A la fin de notre dernier rendez-vous, il lui vient l’idée de regarder en détail mon visage et ma mâchoire, et il me fait remarquer que j’ai une déviation de la mâchoire quand je l’ouvre (elle ne va pas tout à fait droit), ainsi qu’un SADAM (syndrome algo-dysfonctionnel de l’appareil manducateur). Pas grave, me dit-il. C’est classique et du coup, il faudra que je me fasse opérer selon lui de la mâchoire vers mes 40 ans.

Bref, je l’ai bien compris. Certains chirurgiens peuvent parfois être des « excités du bistouri », qui n’imaginent même pas le fait de vivre sans se faire opérer régulièrement pour un oui ou pour un non ! Pas d’alternative à la chirurgie dans leur façon de voir le monde !

La suite maintenant

Il y a quelques mois, alors que l’échéance de mes 40 ans se rapproche (ce sera en 2022 !), je décide de trouver ce que je peux faire par rapport à ma mâchoire.

J’ai commencé un travail avec une kiné qui me fait rééduquer ma langue et travailler mes ATM (articulations tensoro-mandibulaires, de la mâchoire).

Et elle me dit, en regardant les grimaces que je dois faire parmi les exercices, qu’elle voit bien que mon nez n’est pas naturel et que des rides bizarres apparaissent pour certains exercices.

Logique, pour mon nez qui a été cassé 4 fois !

La kiné me dit que je devrais pouvoir trouver un bon chirurgien pour avoir son avis aujourd’hui, et qu’il pourrait éventuellement remettre mon nez dans son état normal. Il semblerait que les techniques ont bien progressé depuis 20 ans et qu’on devrait pouvoir remettre ça comme il faut.

Et là, je me dis, ok ! J’ose revenir vers le monde médical conventionnel (tout n’est pas à jeter, surtout en traumatologie) et je prends rendez-vous.

Après quelques recherches, je pose rdv avec 2 chirurgiens différents, juste pour avoir un avis.

Alors même que je viens de poser mes rendez-vous, je subis un étrange décalage horaire (jetlag) qui me met à côté de mes pompes pendant 24 heures. Je reviens juste de Floride (réunion des anciens de l’Institut Hippocrate !) et après une première nuit étonnamment parfaite, la 2ème nuit a été catastrophique.

Ainsi, quelques heures après avoir posé mon rdv pour voir un chirurgien, patatras !

Je n’ai pas « les yeux en face des trous » et je me prends l’intérieur de la porte de la chambre de mes filles en plein dans le nez !

Vu la violence du choc, je suis quasiment sûr que je me le suis recassé, une 5ème fois donc (dont 3 lors d’opérations chirurgicales).

Je fais le lendemain une radio puis quelques semaines plus tard un scanner, qui viennent confirmer cette énième fracture (avulsion osseuse pour être précis) !

Cette radio et ce scanner sont aussi de la matière à amener pour montrer l’état actuel lors de mon rendez-vous avec le chirurgien.

2 photos de mon visage de profil pour montrer la courbure artificielle de mon nez avant l’opération (pas hyper choquant, certes, mais pas du tout naturel en fait). La photo de droite montre bien l’affaissement de la cloison nasale en bas de mon nez.

En me regardant, il ne peut que constater que le travail n’a pas été bien fait (l’excuse du cal osseux a apparemment pour traduction en bon français : « l’opération a foiré ») et propose d’éliminer les différentes bosses (des opérations et de mon dernier choc) ainsi que de redresser le bas de ma cloison nasale, qui s’est en fait détachée de l’os propre du nez lors de mes opérations d’il y a 20 ans !

Je me disais bien que ça avait plus merdé que ce que n’avait bien voulu dire le chirurgien, après la 3ème opération !

Vu la compétence apparente de ce nouveau chirurgien et me fiant aussi à mon intuition, je dis ok pour cette dernière (je l’espère) opération de mon nez, opération prévue dans quelques mois, le mardi 3 septembre.

Ça fait presque 15 ans que je n’ai pas pris un seul médicament, presque 20 ans que je n’ai pas été à l’hôpital. Autant dire que ça me fait bizarre de retrouver ce petit milieu.

Mais je me dis que c’est aussi peut-être l’opportunité de me réconcilier avec le milieu médical !

On verra bien.

En tout cas, mon nouveau chirurgien est super sympa et ses explications claires.

Du coup, je me suis fait opérer la semaine prochaine, et on verra bien ce que ça va donner !

Il m’a prévenu que le but de l’intervention était de râper les bosses et de surélever la cloison nasale qui s’était affaissée lors des dernières opérations, soit en prélevant un peu de cloison nasale plus haut, soit en prélevant du cartilage au niveau de l’oreille pour faire une autogreffe.

Suite à l’opération, je me suis réveillé avec une attelle sur le nez (que je dois porter 15 jours) et un gros pansement sur l’oreille droite.

Le chirurgien m’a dit qu’en incisant la cloison nasale, il y a vu qu’il ne restait plus suffisamment de cartilage pour en prélever et qu’il a dû en prendre au niveau de l’oreille. En fait, sans que je le sache, les chirurgiens ont prélevé du cartilage (pour faire je ne sais pas quoi) lors de mes opérations à la fin des années 90. Jamais ils ne m’en ont parlé. Pas une seule fois.

Aussi, je viens d’entamer des démarches pour avoir accès à toutes les pièces de mon dossier médical de l’époque. Il est vrai qu’il y a 20 ans, on ne donnait pas comme ça un compte-rendu d’opération. On ne prenait pas le patient pour un humain en fait. Un peu un objet à réparer. Pourquoi l’informer de ce qu’on a fait ? Trop bête pour réfléchir par lui-même ?

Quoi qu’il en soit, mes anciennes histoires de nez (il y en a quelques autres avec les ORL qui sont pas mal non plus) m’ont été super utiles et c’est grâce mes mésaventures avec le corps médical que je me suis méfié des approches trop simplistes de ces médecins, trop nombreux à ne pas prendre le corps dans sa globalité, à se prendre pour « Dieu tout puissant » et à mépriser quelques fois les patients !

Dingue !

Le choix d’être acteur de sa santé et ne pas subir

Autre chose, je précise qu’à l’époque de mes 3 opérations, j’avais pris à chaque fois un anti-douleur : le Di-Antalvic.

Ce médicament a été retiré du marché en 2011 à cause des dangers qu’il posait sur la santé…. sympa, non ? A l’époque, évidemment, je ne m’étais même pas posé la question de l’intérêt ou non de prendre cet anti-douleur.  Il était sur la prescription. Mes parents allaient chercher les médicaments prescrits à la pharmacie, et je les prenais en suivant les indications sans plus me poser de question.

J’ai bien changé depuis !

Cette fois-ci au réveil, j’ai découvert qu’on m’avait prescrit :

  • un antibiotique, pour limiter les risques de rejet de l’autogreffe : c’est le seul médicament que j’ai pris
  • du paracétamol comme anti-douleur et du tramadol si les douleurs ne sont pas soulagées par la prise de paracétamol : j’ai préféré attendre de voir si le besoin pour ces médicaments se faisait sentir. Finalement, la douleur était parfaitement supportable, donc je n’en ai pas pris du tout.
  • du nasacort (anti-inflammatoire de la famille des corticoïdes), pour limiter l’œdème. Je vois pas en quoi c’est indispensable, donc je n’en ai pas pris.

Pour faire attention à la cicatrisation au niveau de l’oreille, à l’endroit où le chirurgien m’a prélevé un morceau de cartilage, une infirmière passe tous les 2 jours pour nettoyer la plaie. Dans la prescription pour le soin infirmier, il m’était conseillé aussi de mettre de la vaseline (graisse minérale) pour garder la plaie bien grasse et l’aider à cicatriser.

À la vaseline issue de l’industrie pétrochimique, j’ai préféré la crème de Calendula bio des laboratoires Weleda !

Enfin, l’anti-inflammatoire que j’ai pris, c’est un produit de phytothérapie, contenant du curcuma.

Aussi, à la pharmacie où je me suis rendu en sortant de l’hôpital, ils m’ont conseillé de prendre de l’ultralevure en plus de l’antibiotique pour éviter que mon microbiote (flore intestinale) ne soit trop attaqué par l’antibiotique.

Vu la composition très médiocre du produit (ils mettent même du dioxyde de titane dans les gélules), j’ai choisi de prendre des probiotiques qu’il me restait à la maison, avec en plus une composition beaucoup moins merdique.

Je prends aussi un peu de zinc sous forme de pidolate pour accélérer la cicatrisation, un peu de spiruline pour améliorer ma vitalité, et du plasma de Quinton hypertonique (de l’eau de mer en gros).

Enfin, comme d’habitude, je mange sainement (sans être saint non plus !), et j’ai pris du temps cette semaine pour me reposer et ainsi accélérer la guérison. J’ai quasiment tous les jours fait une bonne sieste, parfois de plusieurs heures, et ce n’était pas de trop !

Au final, le seul médicament que j’ai pris (sans parler de ce qui m’a été injecté pendant l’opération), c’est l’antibiotique qui m’a été prescrit pour limiter les risques de rejet de l’autogreffe. Tout le reste, c’est du naturel efficace et sans effet secondaire problématique, contrairement à la plupart des médicaments.

Quelle aventure ! On verra à quoi ressemble mon nouveau nez dans une semaine… je croise les doigts et j’espère que cette opération est bien la dernière !

Dans un prochain article, je te montrerai comment le corps médical m’a mutilé inutilement et inefficacement la sphère ORL pendant mon enfance cette fois.

Et toi, quelle est ton expérience du monde médical, des opérations et des chirurgiens ?

Raconte-moi ton histoire dans les commentaires !